Le Front populaire ivoirien (FPI) traverse une nouvelle épreuve douloureuse avec la disparition de Blesson Goué, Secrétaire général adjoint du parti et ancien colonel des douanes. Décédé le 7 mars dernier à l’âge de 67 ans, cet homme de conviction, symbole de loyauté et de résilience politique, a été honoré lors d’une visite protocolaire de la direction du parti à sa famille endeuillée, lundi 24 mars, à la Riviera Bonoumin (Cocody).
Une délégation en hommage
Menée par Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, et accompagnée du Secrétaire général Gnépa Barthélémy, une délégation composée de cadres dirigeants s’est rendue au domicile familial pour présenter ses condoléances. Arrivés vers 19 h 40, les représentants du parti ont été accueillis par le vice-président Gbaou, neveu du défunt et porte-parole de la famille, ainsi que par la fille aînée de Blesson Goué, lieutenant-colonel des douanes.
Dans un échange empreint de solennité, Liby Guillaume, vice-président du FPI et porte-parole de la délégation, a exprimé l’émotion collective : « Nous sommes venus constater la réalité d’une nouvelle qui nous a profondément bouleversés. » Il a salué l’engagement inébranlable d’un homme dont la carrière fut marquée par « une fidélité sans faille aux idéaux du parti ».
Un parcours politique et professionnel tumultueux
Narrant les circonstances du décès, le vice-président Gbaou a rappelé l’acharnement familial à prodiguer des soins au défunt, en vain. « Malgré notre mobilisation, Dieu en a décidé autrement », a-t-il déclaré, avant de retracer le parcours de celui qui fut président du Conseil général de Bangolo, membre du Comité central du FPI dès 2018, puis promu Secrétaire général adjoint.
Sur le plan professionnel, Blesson Goué a subi les contrecoups des turbulences politiques ivoiriennes. Après la crise post-électorale, cet ancien cadre des douanes fut « subtilement démis de ses fonctions », selon les termes de son neveu, contraint de faire valoir ses droits à la retraite « sans poste ni reconnaissance institutionnelle ». Un épisode qui n’entama jamais sa ferveur militante, soulignent ses proches.
Des obsèques sous le signe de l’hommage partisan
La famille a dévoilé un programme préliminaire de funérailles, promettant un « hommage à la mesure de son dévouement ». Le FPI, par la voix de Liby Guillaume, a assuré son implication totale dans l’organisation, conformément à la tradition du parti pour ses dignitaires. « Le camarade Blesson recevra les honneurs dus à son rang et à son attachement indéfectible à notre combat », a-t-il affirmé, saluant une « leçon de fidélité » pour les générations futures.
La cérémonie d’adieu, dont les détails restent à officialiser, devrait mêler rites traditionnels et recueillement politique, reflétant les multiples facettes d’un homme qui incarna, jusqu’à son dernier souffle, l’esprit d’un parti en quête de renaissance.
Un départ qui résonne comme un symbole
Alors que la délégation quittait les lieux vers 20 h 30, la gravité des regards trahissait l’ampleur de la perte. Dans un contexte de recompositions politiques internes, la disparition de Blesson Goué prive le FPI d’un relais historique, gardien méticuleux de sa mémoire et de ses réseaux.
Son héritage, désormais, se mêlera aux discours et aux luttes à venir, rappelant que les partis se construisent aussi sur les silences de ceux qui n’y sont plus.
Laure Anidié