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Affi et l'Afd appellent au boycott du référendum

«Le 30 octobre, vaquez à vos occupations »
«Ce qui va se passer ne nous concerne pas »

L'opposition ivoirienne demeure dans sa logique de rejet du projet de Constitution qui sera soumis à référendum le 30 octobre prochain en Côte d'Ivoire.

Au cours d'une conférence de presse tenue au siège du Front populaire ivoirien (Fpi), à Cocody-Attoban, le président de cette formation politique, Affi N'guessan, et l'Alliance des forces démocratiques (Afd) ont appelé au boycott du référendum constitutionnel. «Nous appelons tous nos compatriotes, tous nos militants qui croient au combat que nous menons, à ne pas se sentir concernés par ce qui va se passer le 30 octobre 2016. Ce jour-là, rien qui concerne la Côte d'Ivoire ne se passera en Côte d'Ivoire. Vaquez à vos occupations parce que l'opération qui va se dérouler le 30 octobre ne vous concerne pas», déclare Affi N'guessan, qui estime que les Ivoiriens ont été ignorés dès le départ. «Un vote à trois issues ou trois conséquences possibles. Il y a le oui, le non et aussi l'abstention. L'abstention joue aussi sur la crédibilité du scrutin, sur la légitimité électorale. Donc, il ne faut pas considérer qu'on est condamné à dire oui ou non. Chacun peut choisir entre le oui, le non et l'abstention. Je n'ai pas envie d'aller dire oui, je n'ai pas envie d'aller dire non, parce qu'aller dire non c'est participer. Et si tu participes, tu es comptable. Il est évident que pour tous les démocrates, cette Constitution est mort-née», explique le conférencier, soulignant que c'est en toute responsabilité qu'il a pris cette décision.

Pour l'ancien Premier ministre ivoirien, qui avait autour de lui les autres leaders de l'Afd, cette Constitution n'en est pas une. En conséquence, dit-il, le chef de l’État n'obtiendra pas le plébiscite juridique et légal tant recherché directement du peuple pour avaliser la mainmise sur l’État de Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011. Pour lui, participer aujourd'hui à un scrutin n'a pas de sens. «Lorsque vous avez un statut dans la société ou dans le village, vous ne participez pas à n'importe quelle manifestation, sinon votre honneur, votre dignité, ou encore votre image va prendre un coup. Aujourd'hui, les enfants s'amusent. Donc, le Fpi et l'Afd ne sont pas concernés», fait-il savoir.

L'ancien maire de Bongouanou a promis de descendre sur le terrain pour expliquer aux Ivoiriens que ce projet de Constitution ne les concerne pas. Pour le ''lion du Moronou'', la Constitution sera un des thèmes du message des cadres du Fpi et de l'Afd candidats aux législatives du 18 décembre 2016.  Aussi invite-t-il les Ivoiriens à réserver leur vote pour les élections législatives. A cette occasion, confie le président du Fpi, l'option sera de se mobiliser massivement pour porter au Parlement la majorité des députés de manière à ce que le Fpi et l'Afd aient les moyens juridiques et politiques pour abroger ce qui va se passer le 30 octobre. Et également mettre en œuvre un projet constitutionnel fondateur de la paix, de l'unité nationale, de la démocratie et du progrès économique et social de la Côte d'Ivoire.

Revenant sur le fond et la forme, Affi souligne que le contexte socio-politique ne se prête pas à l'écriture d'une nouvelle Constitution. « Mieux, l'Accord de Linas-Marcoussis qu'il (le chef de l'Etat, ndlr) prend prétexte pour opérer cette forfaitaire ne prévoit pas d'écrire d'une nouvelle Constitution. Linas-Marcoussis parle plutôt de révision de l'article 35 avec l'ensemble de la classe politique ivoirienne », indique-t-il. Pour Affi N'guessan, la démarche « solitaire de M. Ouattara, visant à changer la Constitution, est dangereuse, dictatoriale, démagogique, antidémocratique». Car, explique-t-il, c'est la volonté d'un individu à contrôler l'Etat qu'il considère comme un bien privé. «Le seul simple fait de prendre l'avant-projet de Constitution des mains de son Comité d'experts pour l'envoyer directement à l'Assemblée nationale est anti-démocratique »,  dénonce le président de l'Afd. 

 

Source : http://www.linfodrome.com
Cyrille DJEDJED