Front Populaire Ivoirien | Contribution / Train de vie de l’Etat, il urge d’agir maintenant !
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Contribution / Train de vie de l’Etat, il urge d’agir maintenant !

Il y a peu (2012), la Côte d’Ivoire, Pays Pauvre Très Endetté (PPTE), obtenait l’allègement d’une grosse partie de sa dette extérieur. Moins de 6 ans après, cette dette a été largement reconstituée et l’endettement du pays croit crescendo.

Paradoxalement, alors que nous sommes un pays (très) endetté (euro bond sur euro bond), les niveaux de vie de l’Etat et de nos dirigeants publics sont parmi les plus élevés au monde. Si élevé que nos dirigeants se payent le luxe d’être mieux rémunérés que ceux des pays qui nous prêtent régulièrement de l’argent. Quelle incongruité !

Comment comprendre qu’alors que les ex chefs d’Etat français touchent une retraite mensuelle de 3 933 350 FCFA brut et ceux de la Grande-Bretagne et de l’Italie respectivement de 4 392 241 F et 3 933 350 FCFA, les nôtres perçoivent chaque mois, dès la fin de leur mandat, la somme de 9 584 580 FCFA net. Sans compter les autres avantages financiers et en nature qui font grimper leurs revenus à prés de 25 millions par mois.

N’est-ce pas indécent tout cela, dans un pays dont le salaire minimum n’est que de... 60 000F/mois alors qu’il est en France de 997 248, soit plus de 15 fois celui de notre pays.

Un ex ministre ivoirien, quelque soit la durée de sa fonction, coûtera durant toute sa vie au contribuable ivoirien la bagatelle somme de 3 833 832 FCFA net par mois alors que son homologue français, lui, ne touchera 6 516 250 FCFA brut, que 
pendant trois (3) petits mois.

Nous devons prendre conscience de ce que nous sommes un pays pauvre qui manque presque de tout et, en conséquence, faire preuve d’humilité et de retenue dans la gestion de nos maigres fonds publiques. Est-ce nécessaire que nos ministres, présidents d’institutions et certains DG et PCA de sociétés d’Etat roulent dans de puissants bolides allemands, généralement de type Mercedes, toute option, alors que les autorités publiques de notre principal bailleur de fonds, la France, circulent, eux, en Renault, Peugeot ou Citroën ?

Il en est de même pour les déplacements aériens de nos ministres qui privilégient systématiquement d’être en première classe alors que leurs homologues scandinaves voyagent, en tant que de besoin, en train, en avion classe économique et même en transport en commun. Un ministre ivoirien est-il un demi Dieu à qui tout est permis et qui peut user et abuser à satiété de notre argent commun ?

L’engagement dans les hauts emplois publics devrait être davantage un sacerdoce plutôt qu’un strapontin pour s’enrichir rapidement sur le dos du bas peuple qui, lui, paie strictement tout et tout le temps. Il faut pour juguler ce gaspillage plus de transparence et de rigueur dans la gestion des deniers publics.

Il nous faut revoir, de fond en comble, les avantages financiers et en nature des dirigeants de nos entreprises et autorités publiques. Pour être efficace, il faudrait redéfinir les missions de la Cour des comptes et de l’inspection d’Etat afin de leur donner les moyens de véritablement suivre l’utilisation des deniers publics et, par ailleurs, de mettre fin aux caisses noires, aux redevances non prévues dans la loi de finances et aux différents budgets de souveraineté à la présidence et dans certains ministères de souveraineté. Ce sont ces bonnes pratiques qui ont cours dans les pays développés. Nous aussi nous le pouvons, si nous le voulons (vraiment).

Nous n’atteindrons pas l’émergence en vivant constamment au dessus de nos moyens alors que nous vivons quasiment de l’aumône des institutions financières de la communauté internationale (Banque Mondiale, FMI...).

Jean Bonin 
Juriste 
Citoyen ivoirien