Front Populaire Ivoirien | C'est une erreur politique de Gbagbo de n'avoir pas reçu Affi (Issiaka Sangaré, ITW)
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C'est une erreur politique de Gbagbo de n'avoir pas reçu Affi (Issiaka Sangaré, ITW)

"C'est une erreur politique" de Gbagbo de n'avoir pas reçu Affi (Issiaka Sangaré, ITW)

Le secrétaire général et porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) Issiaka Sangaré a estimé que "c'est une erreur politique" de l’ex-président Laurent Gbagbo, fondateur du parti, de ne pas avoir reçu le président de la formation Pascal Affi N’Guessan, après l’échec d’une rencontre entre les deux hommes fin mars, dans un entretien à ALERTE INFO.

Dans sa lettre de démission Agnès Monnet avait accusé M. Affi d’avoir jeté la suspicion sur sa démarche pour favoriser l’unité au sein du FPI, que savez-vous de son implication pour la rencontre entre Laurent Gbagbo et le président du FPI ?

Si nous avons clairement exprimé au nom de l’ordre républicain que Mme Monnet était libre de démissionner, nous savons aussi que c’est une démission qui est assise principalement sur des considérations personnelles, notamment familiales. Les raisons à notre sens sont plus subjectives qu’objectives. En tout état de cause, nous avons décidé de continuer l’action du parti et d’être aux côtés des populations par rapport aux grands enjeux sociaux. Nous lui souhaitons bonne chance dans sa vie de couple.

Vous parlez de raisons familiales de quoi s’agit-il ?

Il est bien évident qu’a un moment donné dans l'agencement familial, Mme Monnet avec le parti dirigé par le président Pascal Affi N’Guessan et son époux dans la dissidence avait quelque fois des difficultés au niveau de la dynamique familiale. Cela a dû occasionner une gêne, en témoigne certains organes de presse qui à la une ont fait un commentaire sur la question, notamment la joie de la famille Monnet de se retrouver.

Les gens pensent que vous ne faites pas le poids face à Agnès Monnet, que répondez ?

Le poids d’un acteur politique, c’est d’abord par rapport à la mission qu’on lui a confié. Le FPI est un parti fort et c’est celui-là qui a permis à Mme Monnet de gagner à Agou. Je suis militant pour ma part au FPI depuis 1990, j’ai été adjoint au maire à Cocody. J’ai contribué avec les acteurs du PDCI à faire gagner le candidat du PDCI qui est allé en association avec le FPI à Cocody, donc je ne suis pas un nouveau-né sur l’échiquier politique ivoirien. A Agou, le premier adjoint au maire continue d’appartenir au FPI. C’est un jeu de conviction, à un moment donné, il faut choisir.

Agnès Monnet a été reçu quelques jours après sa démission par le président Gbagbo en compagnie de vos adversaires politiques…..

Notre adversité politique est à l’endroit du parti qui gouverne la Côte d’Ivoire, on n’a pas créé ce parti d’opposition aussi essentiel pour mener des luttes intestines. Il ne s’agit donc pas de rentrer dans des jugements de valeurs. Quand on veut construire quelque chose de grand, il faut s’asseoir sur l’institutionnel. Un grand parti, c’est celui qui respecte les textes qu’il sait lui-même donné. Que les Ivoiriens comprennent notre message d’asseoir une institution forte, d’être d’avantage aux cotés des populations. Le président du parti est à la tâche et cet épisode a permis de constater que beaucoup d’Ivoiriens s’engagent à ses côtés.

Qui tient les rênes du FPI aujourd'hui ?

La question ne devrait pas se poser, le dernier congrès que nous avons tenu date de 2001, avant cette situation de crise ensuite il y a eu le congrès de juillet 2018 qui a réélu Pascal Affi N’Guessan. Il ne faut pas travestir l’histoire, il ne faut pas faire en sorte que ce qui n’est pas vrai soit considéré comme vrai. J’invite les uns et les autres à ne pas perdurer dans les voies qui ne semblent pas être les meilleures. Affi N’Guessan est le président du FPI, telle est la situation. Il faut résolument s’engager sur les boulevards qui vont permettre la réunification, plutôt que d’aller sur les voies hasardeuses notamment le débauchage qui ne saurait perdurer. Asseyons-nous et discutons, disait à l’époque Laurent Gbagbo. Nous faisons cet appel pour que nous puissions dans le respect des textes et dans les échanges qui respectent la courtoisie réciproque, aller vers quelque chose de fondamental. A mon sens, la voie qui consiste à nier Pascal Affi N’Guessan à la présidence du parti est sans issue et elle ne saurait perdurer.

Vous parlez de débauchage, est-ce vous soupçonnez vos adversaires d’avoir débauché Agnès Monnet ?

Je ne saurais m’engager sur cet axe-là, mais je ne saurais exclure qu’a un certain moment il y a eu des échanges puisque Mme Monnet a fortement voulu que Pascal Affi N’Guessan avant de rencontrer Gbagbo à Bruxelles puisse faire une déclaration, laquelle déclaration à mon sens n’avait aucun sens dès lors que Affi N’Guessan avait clairement dit qu’il s’engageait, dès qu’il rencontrait Laurent Gbagbo, à mettre en œuvre la dynamique pour que nous allions à un congrès unifié qui reconnaitrait la candidature de Laurent Gbagbo.

Comment vous entrevoyez l’unité au sein du FPI ?

Lorsque nous parlons de texte, c’est cela. Pascal Affi N’Guessan a été élu à un congrès. La réalité, c’est que nous acceptions tous de nous soumettre aux textes que nous avons adoptés. La démarche qui s’impose à nous et qui ne saurait être nullement contestée par qui que soit, c’est de reconnaitre que le président en exercice, actuellement, est légalement celui qui dirige. Il n’y a que des textes qui puissent dénouer cette situation et nous attachons du prix au respect de ces textes.

Dans une interview accordée à TV5, Assoa Adou a accusé M. Affi d'avoir voulu tourner la page de Laurent Gbagbo....

Pascal Affi N'Guessan s’est retrouvé à Bouna parce qu’il a appelé la communauté internationale à s’engager dans la reconnaissance de la victoire de Laurent Gbagbo aux élections de 2010. Ensuite, c’est une erreur politique à mon sens de n’avoir pas reçu M. Affi N’Guessan. Pour le reste, je ne porterai pas de jugement de valeur.

SOURCE : fratmat.info