Front Populaire Ivoirien | Déclaration du Front Populaire Ivoirien (FPI) relative à la conférence de presse de la dissidence
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Déclaration du Front Populaire Ivoirien (FPI) relative à la conférence de presse de la dissidence
I. Les faits Le jeudi 15 février 2018, M. Sangaré Abou Drahamane, porte flambeau de la dissidence au sein du Front populaire Ivoirien (FPI), a, au cours d’une conférence de presse, lu un texte présenté comme le « mémorandum du FPI sur les conditions d’élections justes et transparentes en Côte d’Ivoire », et tenus des propos dont la gravité appelle de la part de la direction du FPI, une clarification et des mises au point. Notamment, sur la personnalité de M. Sangaré, la question du boycott de toutes les élections par le FPI, depuis 2O11, celle de l’ouverture des discussions avec le pouvoir actuel, du rôle joué par Sangaré, dans le dénouement de la crise postélectorale de 2011 et le sort fait actuellement au président Laurent Gbagbo, de la présence supposée d’un émissaire de la France à la conférence de presse, la fierté que Sangaré dit en tirer, de l’affirmation surréaliste de Sangaré qui se présente, lui même comme un individu rancunier et, enfin, de la litanie, habituelle, visant à présenter le président du FPI, l’honorable Pascal Affi N’guessan, comme le responsable des malheurs des dirigeants de la dissidence. II. Les observations du FPI 1. De la personnalité de Sangaré Abou Drahamane Sangaré Abou Drahamane, au vu et au su de l’opinion nationale et internationale, continue de faire preuve de supercherie honteuse en s’arrogeant le titre, ronflant et vide de président par intérim du FPI. Le FPI tient à rappeler à Sangaré que, de même qu’on ne devient bachelier qu’après avoir subit, avec succès, les épreuves afférentes à ce diplôme, on ne devient président d’une institution comme le FPI, qu’après avoir reçu l’onction des militants au cours d’un congrès électif. A toutes fins utiles, il peut être bon de rappeler, à Sangaré, que le FPI s’est librement donné comme président, depuis le Congrès ordinaire de juillet 2001, l’honorable Pascal Affi N’guessan. Si, tel est donc le rêve secret et profond de Sangaré de présider aux destinées du FPI, il est le bienvenu au prochain Congrès ordinaire du FPI. 2. De la question du boycott des élections Dans son fameux mémorandum, Sangaré affirme : « Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Alassane Ouattara en 2011 (…), le FPI a boycotté toutes les élections et consultations organisées dans les conditions douteuses décriées ». Sangaré tente vainement de tronquer la vérité, et de réécrire l’histoire récente de la Côte d’Ivoire. La vérité, c’est que le FPI a boycotté les élections législatives de 2011, les municipales et les régionales de 2013. Mais, le FPI a participé à l’élection présidentielle d’octobre 2015, avec comme candidat, le camarade Pascal Affi N’guessan, et aux législatives de novembre 2016, avec 187 candidats, dont trois, brillamment élus à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. Le FPI assume, avec responsabilité, sa participation à ces différents scrutins et les résultats obtenus. En effet, depuis sa sortie de prison, en août 2013, le Président Pascal Affi N’guessan a engagé le FPI dans le jeu politique, loin du ghetto de la politique fiction où Sangaré et ses amis ont voulu l’enfermer. 3. De la question de l’ouverture des discussions avec le pouvoir « Oui, pour ramener la confiance afin de bâtir une Côte d’Ivoire une et indivisible, asseyons-nous et discutons » dixit Sangaré. Dans nos quartiers populaires d’Abidjan, on dirait : « qu’est-ce qui n’a pas marché ? » Pourquoi cette volte face à 360° ? La posture de belligérance aveugle de Sangaré, et de ses amis, a-t-elle fait long feu ? Sangaré est-il, enfin, entrain de se réveiller de son dogmatisme légendaire, pour qu’il demande, ici et maintenant des discussions avec le pouvoir ? En tout état de cause, et quelles que soient les réponses à toutes ces questions, les propos de Sangaré constituent un aveu d’échec qui donne raison au Président Affi N’guessan, qui, dès sa sortie de prison, a exhorté le parti, et les militants, à s’inscrire dans le jeu politique, à travers le dialogue politique avec les tenants du pouvoir. Sangaré, toute honte bue, enfonce une porte largement ouverte par le Président Pascal Affi N’guessan, après avoir, quatre ans durant, contribué à faire perdurer la souffrance de nombre de nos concitoyens, qui croupissent toujours en prison, vivent l’enfer de l’exil interne ou externe, ou qui sont toujours privés de leurs biens. Au nom de tous ces compatriotes, le FPI appelle une fois encore, Sangaré, et ses amis, à mettre fin à la dissidence, et à créer les conditions de l’unité du parti. Parce que, c’est uni que le FPI aura plus de chance d’amener le régime Ouattara à la table de discussion. Et non le contraire. 4. Du rôle joué par Sangaré dans le dénouement de la crise postélectorale. Au cours des échanges qu’il a eu avec la presse, Sangaré a affirmé que, c’est bien lui qui a conseillé au Président Laurent Gbagbo de ne pas démissionner, comme le lui suggérait la communauté internationale, et qu’il l’assume. Est-ce à dire que Sangaré est fier des conséquences qu’ont entrainées cette posture qu’il a conseillé au Président Gbagbo ? Conséquences au nombre desquelles l’on peut citer le lourd bilan humain de trois mille morts évoqué par l’ONU. Mais, aussi les emprisonnements, les destructions massives de biens et l’exil de milliers d’ivoiriens. Avec de tels propos, il apparaît clairement que c’est Sangaré, qui par ses mauvais conseils a conduit le Président Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé à la prison de la Cour Pénale internationale (CPI), l’honorable Simone Gbagbo en prison à Abidjan, elle aussi réclamée par la CPI, alors que lui, Sangaré, est libre de tout mouvement, et autorisé par le régime d’Abidjan à animer une dissidence au sein du FPI. Au regard de tout ce qui précède, il apparaît que Sangaré a une lourde responsabilité dans le sort qui est fait aujourd’hui au Président Laurent Gbagbo. Une situation qu’il essaie d’exploiter avec cynisme pour tenter de se faire une place au soleil. 5. De la présence supposée d’un représentant de l’ambassade de France à la conférence de presse et de la fierté que Sangaré dit en tirer. A l’occasion de cette conférence de presse, Sangaré et ses amis ont présenté quelqu’un comme le représentant de l’ambassade de France. Cette présence a suffit pour que Sangaré se dise publiquement honoré. Cette déclaration appelle de la part du FPI deux observations. L’une de forme et l’autre de fond. Dans la forme, l’information selon laquelle l’ambassade de France aurait dépêché un émissaire à la conférence de presse de la dissidence, est un mensonge. En effet, selon nos informations, l’individu en question qui se serait présenté comme travaillant à « La Lettre du Continent » n’a, en vérité, aucun lien avec la représentation française en Côte d’Ivoire. Tout au plus, l’on peut lui concéder le titre de ressortissant français. Dans le fond, on ne peut que s’étonner, que Sangaré, qui avec ses amis de la dissidence, avait dénoncé, avec véhémence la rencontre entre le Président Pascal Affi N’guessan et l’ancien chef de l’Etat français, François Hollande, se réjouisse aujourd’hui de la présence d’un ressortissant français à sa conférence de presse. Une telle attitude devrait finir par convaincre toute l’opinion nationale et internationale que Sangaré et la dissidence sont dans une duplicité, et une incohérence, qu’ils ont désormais de plus en plus de mal à cacher. 6. De l’affirmation surréaliste de Sangaré qui se présente, lui-même, comme un homme rancunier Sangaré, au cours des échanges avec les journalistes, a affirmé, sans sourciller qu’il est homme rancunier. Pour le FPI, cette seule déclaration suffit à le disqualifier des prétentions qu’il veut avoir. En effet, s’il est rancunier, c’est qu’il n’a pas place au FPI où l’on a la culture du dépassement de soi, pour privilégier l’intérêt général au détriment de ses propres ressentiments et frustrations. Et puis, comment peut-il prétendre être l’homme de la paix capable de discuter avec le pouvoir qui est responsable de toutes les souffrances de son camp. Mais bien plus, l’on comprend maintenant, pourquoi, malgré toutes les médiations et les instructions du président Gbagbo, allant dans le sens de l’unité du parti, l’homme reste impassible. Préférant s’accrocher à sa rancune, au lieu de voir l’intérêt de ses millions d’ivoiriens qui souffrent le martyr du fait de la fragilisation de l’opposition significative que constitue le FPI. 7. De l’éternelle litanie selon laquelle le Président Affi N’guessan serait le responsable de l’emprisonnement de certains cadres du parti Comme à son habitude, et pour tenter de masquer son échec, Sangaré s’est adonné à son jeu favori, qui consiste à vouloir faire porter au Président Affi N’guessan, les conséquences de ses propres turpitudes. Une fois de plus, il a encore accusé le président du parti d’avoir fait emprisonner les ministres Hubert Oulaye et Assoa Adou. Pour le FPI, ces accusations ne sont que de la pure diffamation, pour tenter, désespérément de diaboliser un adversaire politique dont on a eu du mal à se défaire à la loyale, et, qui chaque jour, convainc de plus en plus, nos compatriotes, sur la pertinence de son projet et de ses choix. A toutes fins utiles, le FPI tient à rappeler que pour ce qui concerne la situation de MM. Hubert Oulaye et Assoa Adou, les procès qui ont été intentés, contre eux par le pouvoir, ont eu lieu. Et, à aucun moment, le nom du Président Affi N’guessan n’a été cité. Ni par l’accusation, ni par les témoins. Mieux, pour ce qui concerne M. Oulaye, il a été accusé d’avoir financé, depuis Accra, l’attaque survenue contre les casques bleus de l’ONU dans la région de Taï. Des accusations que le principal témoin à charge, est venu confirmer à la barre, sans aucune allusion à un quelconque rôle qu’aurait joué le Président du parti. Il en va de même pour M. Assoa Adou, accusé lui aussi pour des faits se rapportant aux actes de Graabo. Le FPI rappelle, qu’au moment où se déroulaient tous les faits incriminés, le Président Affi N’guessan était en prison à Bouna. Il n’est donc mêlé ni de près, ni de loin aux difficultés des personnes précitées. Pour finir et pour se donner un peu de contenance, Sangaré a osé traiter le FPI de « FPI de Ouattara ». Au sujet de cette allusion dont l’objectif est de semer la confusion dans l’opinion, le FPI tient à affirmer clairement qu’au regard des évènements qui se sont produits depuis la crise postélectorale et la déportation du président Gbagbo et des agissements de Sangaré, que c’est lui qui est en collusion avec le régime Ouattara pour tenter de neutraliser le FPI. La preuve, après ses conseils et les conséquences qui en ont résulté, sa résidence à Abidjan, a été miraculeusement épargnée par les pillards, ses comptes bancaires n’ont jamais été gelés, alors que les résidences du Président Affi N’guessan, aussi bien à Abidjan qu’à Bongouanou ont été toutes détruites. Les résidences du président Gbagbo à Mama et celle de la première dame à Moossou ont été détruites. Arrêté, après quelques mois de séjour à la prison de Katiola, il a été autorisé à séjourner, confortablement, plusieurs mois durant à la Polyclinique Sainte Anne Marie de Cocody (PISAM) pour être transféré à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) quelques mois seulement avant sa libération en août 2013, alors que ce privilège a été maintes fois refusé à Mme Simone Gbgabo. Et ces exemples sont loin d’être exhaustifs. C’est ici l’occasion pour le FPI d’en appeler à la vigilance des camarades qui continuent de suivre, de bonne foi, Sangaré. Parce que, ce dernier est passé maître dans l’art d’entrainer ses camarades dans des difficultés, pour ensuite les abandonner à leur triste sort. C’est pour cette raison que, lui, qui est le concepteur et le principal artisan du congrès de Mama est resté libre de tout mouvement, alors que ses autres camarades ont été arrêtés. III. Conclusion De tout ce qui précède, le FPI estime qu’à l’évidence, Sangaré est le cheval de Troie par excellence du régime Ouattara. Il est en mission, pour tenter de ralentir l’inévitable convalescence du FPI qui a fait preuve de résilience face à la difficile épreuve de la crise postélectorale de 2010. Mais, Sangaré ne peut tromper tout le peuple du FPI et le peuple ivoirien, tout le temps. Il est à présent découvert, même camouflé. Sa dernière sortie et les propos tenus en sont la parfaite illustration. Par conséquent, le FPI demande aux militantes et militants, ainsi qu’à tous les sympathisants du parti, de faire confiance au Président Pascal Affi N’guessan qui ne saurait se dérober à sa responsabilité historique qui est de rebâtir un parti fort, solide et conquérant. Fait à Abidjan, le 18 Février 2018 La Secrétaire Générale et Porte parole du parti Agnès Monnet