Front Populaire Ivoirien | Déclaration du FPI relative aux tensions sociales
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Déclaration du FPI relative aux tensions sociales

Depuis le début de l’année 2016 la Côte d’Ivoire connaît un regain de tensions sociales qui ont débouché, ces dernières semaines, sur des manifestations violentes dans plusieurs villes du pays. Ainsi, à la suite des violences en milieu estudiantin et particulièrement sur le campus universitaire de Cocody, ce sont les usagers du service public de l’électricité qui ont manifesté bruyamment et souvent violemment pour dénoncer la hausse du prix de l’électricité. Ces manifestations ont eu pour conséquences des pertes en vies humaines et la destruction ainsi que le pillage de biens de personnes privées et d’opérateurs économiques. La réponse du Gouvernement devant cette situation a consisté en des vagues de répressions et de menaces. Par ailleurs, le Chef de l’Etat s’entête à doter la Côte d’Ivoire d’une nouvelle constitution de façon unilatérale et au mépris des réserves émises par l’ensemble de l’opposition politique et de la société civile.

C’est pour dénoncer cette situation susceptible de menacer gravement la paix sociale et la cohésion nationale qu’en toute responsabilité, le Premier ministre Pascal Affi Nguessan, Président du Front Populaire Ivoirien (FPI) et Président de l’Alliance des Forces Démocratiques (AFD) a organisé une conférence de presse le 22 juillet 2016 au siège de son parti. Cet exercice normal dans le cadre d’une démocratie a déclenché la colère des dirigeants du RDR qui s’en prennent au FPI et à son président.

Le Front Populaire Ivoirien constate que le pouvoir n’a pas pris la bonne mesure de la réaction des populations ivoiriennes en proie à des difficultés de tous ordres occasionnés par les actes de mauvaise gouvernance du pays. Les dirigeants du RDR sont les seuls à ne pas voir la misère et l’angoisse dans lesquelles vivent les Ivoiriens victimes, de la politique de rattrapage ethnique qui a montré ses limites après avoir accentué la fracture sociale. N’ayant pas de projet de société pour la Côte d’Ivoire, le RDR est condamné rechercher des bouc-émissaires chaque fois qu’il se trouve en difficulté.

Pourtant, en faisant preuve de lucidité, il comprendrait qu’il est victime de ses propres turpitudes pour avoir bâti sa stratégie de conquête et d’exercice du pouvoir sur le mensonge et la manipulation. Aucune main occulte n’est derrière des citoyens qui découvrent qu’ils sont les dindons d’une farce ayant tourné au cauchemar.

Les promesses non tenues par M. Ouattara et son Gouvernement sur la question de la hausse injustifiée du prix de l'électricité et la cherté de la vie ne relèvent d’aucune main occulte. Pas plus que les actes de mauvaise gouvernance au sommet de l'Etat ainsi que l'insécurité chronique qui gangrène notre pays depuis plusieurs années ne sont le fait de mains occultes. L'Université qui bouillonne depuis des années et qui est devenue un champ de bataille permanent en raison de l'incapacité du Gouvernement à trouver des solutions durables aux problèmes académiques et matériels des étudiants, n’a pas eu besoin de mains occultes.

Le déficit démocratique avec son corollaire de privations de libertés et de pratique d’une justice à double vitesse, le manque de volonté politique pour réconcilier les Ivoiriens, les travers d’une politique économique et sociale inefficace, sont autant de facteurs favorables à une explosion sociale.

Face à de telles réalités, le pouvoir Ouattara préfère se préoccuper de sa propre survie en échafaudant des plans pour verrouiller davantage le jeu politique à son seul profit. Pendant ce temps les Ivoiriens souffrent et crient leur douleur.

Le Front Populaire Ivoirien n’entend pas se laisser distraire par des propos désobligeants et tendancieux de personnes qui n’ont aucune culture démocratique et qui confondent affairisme et politique.

En conséquence de ce qui précède, le Front Populaire Ivoirien :

  • Réaffirme sa solidarité aux ivoiriens qui dénoncent la hausse du prix de l’électricité et de la cherté de la vie ;
  • Réaffirme son appel à la mobilisation pour faire échec à la politique d’appauvrissement des populations ;
  • Demande au gouvernement l'annulation pure et simple de la hausse du prix de l'électricité plutôt que de proposer en lieu et place d’un échelonnement dans le paiement des factures ;
  • Demande au Chef de l’Etat de privilégier le dialogue à la répression et à la fuite en avant, afin de résoudre les problèmes que vivent les Ivoiriens.

La Secrétaire Générale et Porte-parole du FPI
Agnès Monnet