Front Populaire Ivoirien | CONTRIBUTION / Meeting et tournée politique de Sangaré à l'Ouest : Parlons-en
Actualités » Vie des fédérations » CONTRIBUTION / Meeting et tournée politique de Sangaré à l'Ouest : Parlons-en
CONTRIBUTION / Meeting et tournée politique de Sangaré à l'Ouest : Parlons-en

Il n'a échappé à personne qu'une alliance est, subrepticement, en train de se mettre en place entre Sangaré et certains membres du pouvoir. Plusieurs faits l'attestent avec éloquence. Analysons les sereinement et intelligemment.

D'un coté, il y a Affi, le seul opposant crédible qui dispute à Ouattara le fauteuil présidentiel, les députés et bientôt les élus locaux (Mairies et Conseil Généraux).

De l'autre côté, il y a une dissidence, qui en réalité n'a jamais représentée un quelconque danger ou une menace pour le pouvoir de M. Ouattara dans la mesure où celle-ci ne lui revendique aucun poste électif. Pour un parti politique au pouvoir c'est l'idéal ; il est ainsi assuré de détenir tous les leviers du pouvoir. Surtout si cette frange de "l'opposition" décide de lui prêter main-forte en appelant au boycott de toutes les élections et, mieux, se joint à lui pour battre campagne contre le FPI. C'est à cela que nous avons assisté en 2015, à l'élection présidentielle et en 2016, aux législatives.

Ceux qui revendiquent donc une parcelle du pouvoir sont donc les vrais adversaires du régime au pouvoir. Ce ne sont pas Gnamien Konan et Mabri Toikeusse qui me contrediront. Eux à qui leur allié au pouvoir n'a pas hésité une seconde à les chasser du gouvernement, ainsi que leurs cadres, pour les affaiblir et briser toute velléité d'émancipation chez eux. C'est également le cas de nombreux indépendants sortis des rangs du RHDP dont KKB ou Yasmine Ouegnin.

Affi Nguessan, lui, bien que partisan du dialogue politique et de la réconciliation nationale ne reste pas moins un adversaire sérieux pour les intérêts du pouvoir de M. Ouattara dès lors qu'il veut lu ravir des bastions et des élus. Malgré la coalition RHDP-Fronde il a tout de même obtenu 4 députés et occupe en terme de nombre d'électeurs la 2ème place après la coalition précitée. C'en est trop pour les hommes du pouvoir et leur allié objectif de la fronde.

Il faut donc tout mettre en oeuvre pour casser Affi. Le deal entre la fronde et le pouvoir est simple : le pouvoir aide la fronde à délégitimer Affi afin qu'elle puisse éfficacement le combattre. En retour, la fronde s'engage à ne pas déranger Ouattara jusqu'en 2020 ; elle peut juste se contenter de parler de Gbagbo et rien d'autre. C'est un deal apparemment "gagnant-gagnant". Ils n'ont pas osé aller jusqu'à l'institutionnaliser pour ne pas perdre en crédibilité.

L'observateur politique averti a pu constater que suite à ses dernières conférences de presse pour dénoncer la mauvaise gouvernance de Ouattara dans la gestion du scandale de l'agro business, en réplique, Joël Nguessan, porte-parole du RDR et Adjoumani Kobenan, porte-parole du RHDP, n'ont pas hésité à taxé Affi de Pdt d'une frange du FPI alors que la justice avait tranché cette affaire en 2015 en faveur de Affi qui est le président statutaire et légal du FPI.

Par ailleurs, quand Affi s'est prononcé sur la question des mutineries au sein de l'armée, c'est cette fois-ci, Cissé Bacongo, le Conseiller Spécial de M. Ouattara qui est monté au créneau pour accuser Affi de vouloir fomenter un coup d'État contre le pouvoir. Les timides déclarations de Sangaré sur ces deux dossiers n'ont reçues aucune réplique de la part du pouvoir. Normal, pourquoi mettrait-il à mal un allié qu'il manipule à souhait pour combattre Affi Nguessan ?

Pour bien montrer aux dissidents conduits par Sangaré qu'il respectera sa part du deal, le pouvoir a posé les actes suivants :

- financement de la tournée de la fronde d'une semaine à l'ouest du pays,
- instructions aux FRCI pour qu'ils rendent les honneurs militaires à Sangaré ; ce qui n'a jamais été vu dans notre pays à l'endroit d'un personnalité administrative ou politique qui n'en a pas droit.
- arrestation de Sam l'Africain, membre de l'AFD, proche de Affi et candidat aux législatives à Yopougon.

Les frondeurs ont annoncé, avec assurance, depuis l'arrivée à la primature de Amadou Gon Coulibaly qu'ils effectueront une tournée à l'ouest et que rien les y empêchera bien qu'usant frauduleusement les insignes et le nom du FPI. Ils savaient sur quoi ils comptaient pour défier des décisions de justice. Ils ont fait leur tournée.

Ils annoncent encore aujourd'hui qu'ils organiseront, en toute illégalité, une fête de la liberté du FPI à Alépé le mois prochain. Là encore, depuis leur deal avec un haut responsable du pouvoir, ils savent que personne ne leur fera une quelconque entrave.

En réalité, ce deal qui pour Sangaré devrait lui permettre, l'espère-t-il, de contrôler le FPI sans être obligé d'affronter Affi à l'occasion d'un congrès statutaire où il sait intimmement que face aux militants du FPI (détenteurs de leur carte de militant) il n'a aucune chance de le battre, cache une autre réalité politique : enlever toute chance à Affi d'être au 2eme tour de la présidentielle de 2020.

En effet, une multitude de candidats de droite pointe à l'horizon. Certains l'ont déjà annoncé ; Amadou Gon, Meambly, Soro, Mabri... sans compter les éventuels candidats du PDCI, Ahoussou, Diby ou Niamien Ngoran.

Face à cette fragmentation des voix, le candidat du FPI à toutes les chances d'être au 2eme tour de la présidentielle de 2020. Il faut l'y empêcher absolument : cette tâche est dévolue à Sangaré qui sait qu'il n'a aucune chance de gagner cette présidentielle avec un FPI divisé, là où la LMP, au pouvoir, qui comptait le FPI et une vingtaine de partis et personnalités politiques, avec comme candidat Gbagbo Laurent lui-même n'a fait que 38% au 2er tour.

Cette mission satanique contre les intérêts du peuple ivoirien sera déjouée par le peuple lui-même et par l'intelligence politique du Pdt du FPI : Affi Nguessan.

Jean Bonin Kouadio
SGA du FPI